Ma vie quotidienne à Taipei

Publié le par Alan Le Vouédec

Après plusieurs articles descriptifs de quelques sorties particulières que je souhaitais partager sur mon blog, je vais maintenant tenter de vous décrire mon quotidien ici à Taipei. Je n’en ai volontairement pas parlé dans les autres articles car je pense qu’un seul et même article est mieux adapté et plus pratique à lire que plusieurs lignes éparpillées sur plusieurs articles. Comme vous le savez depuis le premier article sur Taiwan, après avoir passé 3 nuits dans l’auberge de jeunesse « Chocolate Box », j’ai loué un petit appartement bien placé dans le centre de Taipei pour 3 mois. Après la première semaine d’adaptation à la vie locale, je me suis mis à chercher du travail. En premier lieu, j’ai essayé de trouver du travail dans des instituts de langues étrangères avec l’idée d’enseigner le français. On m’a très rapidement fait comprendre que je n’arriverais pas à trouver du travail dans cette voie là. Entre autres, le directeur français d’un institut de langues étrangères (principalement anglais et français) à Taipei m’a clairement expliqué qu’il ne pouvait pas m’embaucher à cause de mon Visa qui est un Visa touriste ce qui m’empêche de travailler légalement à Taiwan, et que même avec un Visa de Travail, il ne pourrait m’embaucher car la législation taiwanaise lui impose d’embaucher des étrangers seulement en qualité de professeur, c'est-à-dire ayant au moins un diplôme de niveau Bac+3, ce que je n’ai pas ayant fait des classes préparatoires et étant en école d’ingénieur, situation spécifique au système éducatif français et incomprise ailleurs. J’ai donc laissé tomber cette piste de travail pour m’orienter vers les restaurants qui avaient potentiellement besoin de personnes parlant anglais, voir français. J’ai également rapidement compris que je faisais fausse route pour deux raisons principales : la première est que même si ces restaurants visent une clientèle étrangère, l’essentiel de leur clientèle reste taiwanaise et donc, mon faible niveau en chinois aurait visiblement posé un problème. La deuxième raison est liée au salaire dans la restauration à Taiwan, en effet les salaires proposés étaient tous aux alentours de 100 NTD de l’heure c'est-à-dire un peu plus de 2€ de l’heure… Je pense que vous comprenez donc ma réticence à travailler dans la restauration à Taipei. La dernière solution envisageable que je voyais était de trouver des étudiants souhaitant prendre des cours particuliers de français. J’ai donc déposé des annonces dans plusieurs grosses universités de Taipei, dans une librairie française, et sur des sites Internet de petites annonces. C’est ainsi qu’au fil des semaines, j’ai trouvé plusieurs opportunités de donner des cours de français et j’ai pu gagner un peu d’argent pour essayer d’équilibrer mes dépenses. A raison de 500 à 800 NTD l’heure, je n’ai pas regretté mon choix de laisser tomber la restauration.

Voilà donc comment mon quotidien à Taipei s’est installé, entre la recherche de travail au début et des cours de français après, une petite routine s’est plus ou moins installée après plusieurs semaines d’itinérance en Chine et l’installation à Taipei. J’ai bien évidemment appris à m’occuper de mes tâches quotidiennes et à prendre mes repères dans le quartier comme par exemple trouver les machines à laver les plus proches, la superette la plus pratique, ou encore à faire sécher mon linge sur le toit de mon immeuble au 16ème étage. Comme souvent à Taipei, la cuisine de mon studio était minuscule et inutilisable si je voulais faire autre chose que la vaisselle ou bouillir un peu d’eau sur la petite plaque à induction (bien entendu, il n’y avait pas de four, appareil luxueux par excellence ici car très volumineux). J’ai donc pris les mêmes habitudes que les taiwanais, à savoir se nourrir quasi exclusivement dans les restaurants. Les restaurants sont si peu chers à Taiwan que s’y nourrir quotidiennement n’est pas un problème (entre 2 et 3€ le repas en moyenne). Je n’ai quand même pas réussi à franchir le pas du petit déjeuner dans la rue comme beaucoup le font (les taiwanais mangent de tout au petit déjeuner comme pour le déjeuner ou le dîner) et je suis resté attaché au petit déjeuner à base de pain, confiture, Nutella (en fait pate à tartiner Auchan faute de mieux), céréales, etc. Ces aliments, pourtant basiques en France, sont d’ailleurs généralement importés ici et donc chers et peu consommés. Je m’arrête là car je développerai le sujet des restaurants et de la nourriture à Taiwan dans un article spécial. Mon quotidien a été généralement bien rempli jusque là, entre tout ce que je viens d’expliquer et les diverses sorties. Je voudrais d’ailleurs parler, en particulier, du cinéma à Taiwan qui présente de nombreuses différences avec la France : premièrement, les tickets de cinéma sont moins chers qu’en France avec un prix aux alentours de 4 – 5€ le ticket et un peu moins pour le tarif étudiant. Deuxièmement, les films sont tous projetés en version originale sous-titrée à l’exception des dessins animés qui dispose au choix de la VO ou de la version chinoise, c’est une bonne chose car cela m’a permis de comprendre les dialogues, en anglais pour la plupart des films. Ce qui m’amène au troisième point, les films disponibles sont assez limités et semblent être exclusivement les gros blockbusters américains. C’est là que l’on se rend compte de la spécificité du cinéma en France avec nos films français et parfois européens sur les écrans, tous les pays n’ont pas cette ouverture. Voilà, même s’il y aurait encore beaucoup à dire, je vais m’arrêter là pour cet article sur ma vie quotidienne à Taipei et vous donne rendez-vous au prochain article où je vous présenterai la famille de Janet.

En bonus, la plus grande pub Heineken que je n'ai jamais vu (il y en a aussi sur les murs des deux côtés) :


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kindo 18/02/2011 21:42


je suis un jeune burkinabe vivant au benin je viens de parcourire votre blog , tres bien faite pleins de renseignement taiwan m'interresse enormement mais je sais s'ily'a des taiwanais qui parle le
français ?


Ram 20/03/2010 00:03


Bonjour,
Actuellement à Paris, je compte me rendre à Taipei en septembre pour y séjourner plusieurs mois. Ne pouvant etre embauché dans une école pour y enseigner le français ( je ne serai qu’en deuxième
année de FLE à distance avec Paris 3) j’aurai souhaiter savoir s’il est difficile de donner des cours particuliers : est ce que il y a beaucoup de demande ? est ce que donner quelques heures de
cours à gauche à droite dans la semaine est suffisant pour vivre à Taipei ? faute de pouvoir ouvrir un compte en banque, les gens acceptent-ils facilement de payer en liquide (et donc non déclaré)
?
Je vous remercie pour vos avis et vos conseils qui pourraient me donner une idée plus claire.
Cordialement,
Ram